Cours Raku
" En attendant, dégustons une tasse de thé. La lumière de l'après-midi éclaire les bambous, les fontaines babillent délicieusement, le soupir des pins murmure dans notre bouilloire. Rêvons de l'éphémère et laissons-nous errer dans la belle folie des choses " OKARUKA KAZUKO
On attribue à la Chine la culture du théier ( arbre à thé ) et à la consommation d'une boisson chaude préparée à partir de ces feuilles. Ce rituel se répandit dans tout l’extrême orient et sonna le départ d’une création céramique réservée à la dégustation de thé. C’est dans le Japon ancien du XVI ème siècle que le raku a pris ses sources, né de la rencontre entre un maître du thé et un potier.
Cette technique est à l’époque intimement liée à la philosophie zen. En effet dans le japon du XVIieme siècle, CHOJIRO fils du potier coréen Ameya, fabrique des tuiles et des bols à riz dans la tradition de sa famille coréenne. À la même époque, un maître de thé, le célèbre Sen-no Rikyu, affine le rituel de la cérémonie du thé. Il apprécie particulièrement la simplicité et le naturel des céramiques de Chojiro. Elles avaient la spontanéité et le charme de l’irrégularité, caractéristiques du « wabi », univers esthétique prisée dans la philosophie zen. C’est l’art d’accepter les choses comme elles sont, dans la simplicité. Ces bols avaient la beauté brute et asymétrique et l’empereur lui-même fut émerveillé et accorda au potier et à ses descendants l’honneur de signer leurs oeuvres du sceau l’idéogramme “RAKU” ce qui signifie plaisir, jouissance spirituelle, aisance, bonheur dans le hasard...cette tradition est encore d’actualité. Ces bols sont fabriqués à la main à partir d’une galette d’argile, Les parois sont façonnées avec la paume de la main de l’extérieur vers l’intérieur , puis terminé à la spatule seul instrument autorisé pour leur exécution. Cette méthode donne à la forme ce galbe si particulier. Lors de la cérémonie du thé, la prise du bol rappelle le geste du buveur d’eau avec ses mains. Ils émaillaient et cuisaient le bol juste avant de l’utiliser pour boire le thé. L’accueil des défauts éventuels du à la cuisson est inconditionnel.
Ces pièces travaillent et chantent ainsi l'histoire de la terre, du feu et de l'eau.
Les pièces biscuitées et émaillées sont cuites rapidement aux alentours de 1000°dans un four à gaz extérieur. Quand l’émail est en fusion, les pièces sont sorties à l’aide d’une pince et plongées dans des combustibles de végétaux (sciure, paille, feuilles, etc…papiers journaux) où intervient l’enfumage.
La combustion modifie chimiquement l’état de l’émail les oxydes métallique (cuivre, argent), contenus dans l’émail, permettent de développer des couleurs métallisées, lustrées, changeantes selon la lumière. Le feu, entre l’oxydation et la réduction, permet d’obtenir une gamme de couleurs très variées. Avec le refroidissement rapide, l’air ou l’eau, on obtient des craquelures. Les pièces sont ensuite nettoyées des traces de carbone restant en surface.
La terre, l’émail, le feu sont l’essence même du Raku qui élimine toutes les possibilités de productions répétitives, permettent au contraire un travail sur d’infinies variations. Les craquelures ainsi que l'effet d'enfumage de la terre laissée brute formant les principales caractéristiques de ce type de céramique.

raku juillet 2010
Horaires
Le prochain cours aura lieu au printemps 2012.